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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 13:46

Engagées depuis 2008, les négociations entre la Sarl Tomarchio, la SCA CAVEB et le SAS SVEP (Sociétés des Viandes des Éleveurs de Parthenay) pour la construction d'un abattoir privé en partenariat avec FranceAgriMer (tutelle du ministère de l'Agriculture, de la Pêche, ....), la région, le Département, le Pays, le Fond Européen Agricole pour le Développement Rural et bien sûr la Communauté de Communes de Parthenay ont désormais abouti avec la mise en test programmée de l’abattoir de la Société d’Abattage de la Bressandière - Parthenay pour début avril 2011.

visite abattoir

 

« Nous nous félicitons de voir le travail aboutir car cet abattoir bovin que l’on pourrait qualifier d’artisanal, prévu pour environ  8000 T, est l’outil de proximité indépendant attendu par la filière sur notre territoire.

Sa vocation est d’abattre des animaux de boucherie à forte valeur ajoutée.

En effet, il est essentiel que le bassin de production bovin puisse bénéficier de tels outils en cohérence avec la stratégie de développement d’animaux de qualité et à forte conformation bouchère. Nous sommes convaincu que l’avenir de la consommation de la viande bovine de qualité supérieure passe par des logiques de proximité, de traçabilité, de valeurs de marque fortement identitaire.

Notre territoire dispose désormais, de son abattoir, d’un atelier de découpe de 1 et 2 ème transformation. Ces outils sont aux mains des éleveurs locaux ce qui est une source de satisfaction pour moi m’étant particulièrement investi dans la gouvernance de la restructuration de la filière.

Bien sûr, des outils de proximité comme ceux-ci doivent être pilotés par de vrais professionnels pour que la promesse de qualité supérieure faite au consommateur soit tenue. Je pense également aux services attendus qui seront rendus à toutes nos boucheries tenues par des artisans souvent avec leurs conjointes, dont la présence sur nos territoires est indispensable. J’y suis d’autant plus attaché en tant qu’élu issu du monde rural qu’ils sont également les porte-paroles de notre belle gastronomie française entrée récemment au patrimoine mondial de l’Unesco.

Lors de la table ronde que nous avions organisée au Salon International de l’Agriculture, le 23 février dernier et intitulée « Circuits alimentaires de proximité et territoires », les intervenants ont tous été d’accord pour dire que nous assistions à une véritable révolution dans la consommation et dans la stratégie de production.

S’agissant de l’élevage, un véritable changement de paradigme s’opère avec la passage d’une agriculture dite extensive, hors sol à une agriculture plus soucieuse d’être en accord avec les attentes des consommateurs, comme la qualité, l’histoire du produit. Cela se traduit dans les faits si l’offre est structurée par manger moins de viande en quantité mais accepter de payer plus cher une viande supérieure.

Je ne parle pas là du contresens que j’entends de temps à autre d’une agriculture écologiquement intensive. En effet, les valeurs portées par l’écologie politique sur la question de l’élevage ne sont pas claires car elles vont parfois jusqu’à prôner la non consommation animale au nom de valeurs tout à fait subjectives et qui ne sont pas les miennes. Quant à l’intensif, il est clair qu’il ne s’agit pas de la voie choisie par les acteurs de notre territoire, car non cohérent économiquement au regard des spécificités spatiales, je veux dire la concordance des dimensions sociales et géographiques de notre Gâtine.

En effet, nous sommes au cœur d’un pays de bocage, granitique et escarpé, qui était encore enseigné au début du XXème siècle sur les cartes Vidal-Lablache comme le Massif Gâtinais. Ici les femmes et hommes de ce terroire  pratiquent depuis toujours un élevage diversifié bovins, vaches laitières, lapins, volailles, etc… dans un cadre de préservation des pâtures constituées de haies et de chênes « têtards ». C’est donc un élevage à taille humaine.

La priorité est donc qu’il soit rémunérateur.

J’aurai l’occasion de revenir sur la modélisation économique qui sous-tend cette stratégie volontariste de développement de la filière agricole locale par la structuration d’une offre diversifiée dont l’objectif avoué est la reconquête territoriale de la valeur-ajoutée par la mise en œuvre d’outils de transformation adaptés à nos marchés cibles.

Notamment dans le cadre de notre projet commencé en Janvier 2011 sur la 3 et 4ème transformation des produits carnés qui vise 3 objectifs :

-          Apporter de nouveaux produits dans la gamme attendues par les consommateurs, besoin non satisfait aujourd’hui

-          Répondre aux exigences professionnelles des artisans bouchers

-          Et enfin se positionner sur la restauration hors domicile c’est-à-dire la restauration collective.

 

Xavier Argenton

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